Odilon Redon Bouddha jeune

Vœux pour 2015

Meilleurs Vœux pour 2015

Un pas après l'autre...

Un pas après l’autre…

Ce matin, assis ensemble dans le dojo, par la méditation nous réalisons intimement l’importance de chaque instant.

Chaque instant est unique et précieux car il est et il exprime l’esprit d’éveil.

Chaque instant apparaît nu dans sa réalité, nous apparaissons nus également à chaque instant. Nous sommes cet instant qui apparaît, nous sommes cet esprit d’éveil, la nature de l’éveil.

Cette nature d’éveil c’est ce que nous partageons avec toutes les existences, c’est ce que toutes les existences sont.

L’enseignement du Bouddhisme, la pratique de la méditation zen, consistent simplement à retrouver cela à chaque instant de sa vie.

C’est l’occasion pour chaque personne de retrouver cette intimité avec la réalité de son existence.

C’est ce qui fait que le Bouddhisme est aussi une religion. Dans le sens que cette pratique nous relie à la réalité fondamentale de notre existence. Elle nous ouvre au cœur de la question de notre existence : qu’est-ce qu’être vivant ?

Réaliser l’esprit d’éveil dans sa vie, ce n’est pas une notion abstraite ou une théorie, c’est au contraire très concret parce que c’est indissociable de comment vivre, c’est indissociable de la manière dont nous vivons.

Chaque instant est l’occasion de vivre concrètement une vie éveillée dans chacune de nos actions, quoi que nous fassions, où que nous soyons, quelles que soient les conditions dans lesquelles nous sommes plongés.

Chaque instant renouvelle ce lien et chaque instant exprime la réalité de l’apparition et de la disparition, la réalité de l’impermanence. L’esprit d’éveil s’actualise à chaque instant.

Cela signifie que ce lien est à créer en soi, il n’est jamais figé, il ne peut pas être fixé. Il ne peut pas être possédé, c’est ce qui le rend précieux et unique. Il est précieux, unique et insaisissable.

Cela nous oblige à être créatifs, ouverts, réceptifs, à ne pas se figer ou se cantonner à notre simple compréhension des choses ou de nous-même.

C’est pour cela que les pratiquants de la méditation ont un esprit joyeux et libre.

Dans notre école du Bouddhisme zen, les moines sont appelés unsui – nuage et eau. En pratiquant la méditation zen chacun réalise cette dimension de la fluidité et du non-attachement car il s’harmonise avec la réalité de l’impermanence de la vie. Il développe la capacité à s’adapter aux circonstances et à pouvoir même les utiliser pour approfondir sa compréhension.

Quel que soit l’état que puisse prendre l’eau, elle retourne au grand océan. Quel que soit l’état que prenne l’eau, elle n’a jamais quitté le grand océan.

L’océan n’est pas qu’une grande étendue d’eau, il est également les gouttes en suspension dans les nuages, les gouttes de pluie qui tombent, le ruisseau qui coule, les rivières qui se jettent dans le fleuve, l’eau qui nourrit les plantes, les plantes qui nourrissent tous les êtres vivants… ne vous limitez pas vous-même.

La nouvelle année, c’est l’occasion de faire des vœux. Je nous souhaite pour cette nouvelle année de réussir à vivre en harmonie avec cette réalité fondamentale, de pouvoir l’actualiser à chaque instant dans nos vies et de partager cela en permettant à chaque personne que nous rencontrons de recevoir ce cadeau.

Narbonne, méditation zen du samedi 03 janvier 2015

Pascal-Olivier Kyôsei Reynaud

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