Dōgen Zenji (1200-1253)

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Dōgen Zenji, fondateur de l’école zen soto

Dōgen Zenji

Dōgen Zenji

Eihei Dōgen, Dōgen Kigen ou Dōgen Zenji (1200-1253) est le fondateur de l’école Zen Soto au Japon. Il est considéré comme un des plus grands maîtres du zen soto une des école du bouddhisme japonais.

Son enfance

L’identité des parents du jeune Dōgen reste incertaine, il semblerait que ses parents soient décédés alors que Dōgen était encore enfant. Très tôt il fit preuve d’une vivacité intellectuelle car il est dit qu’il pouvait lire le japonais et le chinois classique dès l’age de quatre ans.

Après avoir été recueilli par un de ses oncles, à l’age de 13 ans, il s’en alla au mont Hiei dans le monastère central de l’école Tendai, qui était alors la tradition bouddhiste dominante au Japon. L’année suivante , il se rasa la tête et fut ordonné moine par Maître Kōen.

Cependant à cette époque l’école Tendai était entrée dans une phase de décadence et Dōgen bien que concentré sur sa pratique, était de plus en plus travaillé par cette question : « Dans l’enseignement bouddhique, il est dit que tous les êtres possèdent originellement la nature du Bouddha. S’il en est ainsi, pourquoi faut-il s’entraîner et adopter des pratiques ascétiques pour atteindre l’état de Bouddha ? ».

Comme personne ne pouvait vraiment lui répondre, il quitta le mont Hiei, puis devint le disciple de Eisai, célèbre moine zen du temple Kennin-ji, à Kyoto, en 1214. Là, il étudia sous la direction d’un moine aîné, Myozen et en 1223 ils décidèrent de se rendre en Chine pour aller aux sources du bouddhisme zen.

Arrivés en Chine, Myozen et Dōgen se séparèrent et Dōgen visita un certain nombre de temples. Puis, suite à sa rencontre avec un vieux tenzo, cuisinier d’un temple en 1223, il alla rejoindre maître Tiantong Rujing (jap. Tendō Nyojō) alors supérieur du temple Keitoku-ji sur le mont Tendō, dans le Minshu.

Tendō Nyojō était un maître de l’école Chan appelé Caodong (ou Ts’ao-Tung) en Chine, école qui sera ensuite appelé Zen Soto au Japon.

Maître Nyojō était exigeant et rigoureux, une nuit, alors qu’il était en zazen et que son voisin s’était endormi, Maître Nyojō passant parmi eux, d’une voix forte cria : « Shin jin datsu raku ! » « Corps et esprit rejetés ! » Et il frappa fortement le moine avec sa sandale. En entendant ces paroles, Dōgen subit une totale révolution intérieure (satori).

Après le zazen, il rendit visite à maître Nyojō et lui dit : « Shin jin datsu raku ». Nyojō lui répondit : « Datsu raku shin jin ».

Après cette expérience d’éveil fondatrice, Dōgen resta encore deux ans auprès de Nyojō, puis décida en 1227 de rentrer au Japon. Son maître lui confirma qu’il était alors temps de transmettre à son tour l’enseignement du bouddhisme en aidant les autres à s’éveiller à la vérité universelle.

Une fois rentré au Japon, voici quelques principes que Maître Dōgen enseigna et transmit :

  • shikantaza, être simplement assis ou la méditation assise sans objet.
  • shu sho ichi nyo, pratique et réalistaion sont une. Sho, la réalisation, plutôt que d’être le fruit de shu,  la pratique, est la pratique elle-même, et la pratique est elle-même réalisation, éveil.
  • Sho butsu ichi nyo, sho, tous les êtres vivants, toutes les existences et Butsu, Bouddha sont unité.
  • Shin jin ichi nyo, jin, corps et shin, esprit sont unité.
  • Jijuyu zanmai, Jijuyu, accepter, recevoir par soi-même et zanmai, le samadhi. Le samadhi est reçu par soi-même, seul.

Maître Dōgen fut un enseignant prolifique et poétique (liste non exhaustive) :

  • son œuvre littéraire majeure est le Shôbôgenzô (Trésor de l’œil de la vraie Loi).
  • le Fukanzazengi (Les règles universelles pour la pratique du zazen), dans lequel il expose le sens et la pratique de zazen (1227).
  • le Bendowa (Discours sur la pratique authentique de la Voie), sous la forme de questions-réponses, par lequel il enseigne que la pratique de zazen est l’authentique Voie du Bouddha (1233).
  • Gakudô yôjin shû (Recueil des points à observer dans l’étude de la voie, 1234)
  • Eihei gen shingi, (Règles pures de (Dō)Gen d’Eihei, 1667).
  • Eihei kôroku, (Recueil complet (des discours) d’Eihei, deux version, 1598 et 1672).
  • Shôbôgenzô zuimonki, (Recueil de choses entendues à propos du Shôbôgenzô, 1235-37), collecté par son disciple Koun Ejō.
  • Tenzo kyôkun, « Instructions au cuisinier » (1237).

En 1244, le monastère fondé par Hatano Yoshishige fut enfin terminé. D’abord appelé Daibutsuji, on changea par la suite son nom en Eiheiji.
Aujourd’hui on l’appelle Daihonzan Eiheiji.

C’est là que Dōgen Zenji continua à pratiquer, tout en s’occupant de ses disciples.
En 1252, sa santé déclina et il fut obligé de rester allongé près de dix mois.
En 1253, il tomba gravement malade et mourut à l’âge de 53 ans.

Pour aller plus loin en vidéo … :

« Ehei Dōgen, un maître pour aujourd’hui », documentaire réalisé par Michel Baulez, diffusé en deux parties par l’émission « Sagesses bouddhistes » sur France 2 en janvier 2012.

1ère partie :


Sagesses Bouddhistes – Dōgen, un maître pour aujourd’hui

2ème partie :

Sagesses Bouddhistes – Dōgen, un maître pour aujourd’hui

… sur le site :

>> extrait du Tenzo Kyōkun de Maître Dōgen

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