Archives de catégorie : Enseignements

Approfondissement du Bouddhisme et du Bouddhisme zen.

La voie de la méditation zen

La méditation zen est une voie d’éveil et de libération

Comment s’éveiller à la réalité de son existence et être libéré de ses attachements ?

La voie de la méditation zen

La voie vers l’éveil de la méditation zen

Pendant la méditation assise, en zazen, il n’y a plus de séparation.

La réalité de chaque instant, notre réalité ici et maintenant, c’est ce qui se présente, c’est uniquement “cela”.

“Cela” c’est la réalité vécue telle qu’elle est, sans séparation.

Tant que le corps et l’esprit ne sont pas paisibles, on est séparé.

La plupart du temps nous sommes préoccupés, à la poursuite d’un but, tendus vers quelque chose.

La plupart du temps nous sommes pris dans un désir constant qui se renouvelle infiniment. On est prisonnier de son propre réseau de désirs ou de refus. « Je » désir ce que « je » aime et « je » refuse ou cherche à éviter ce que « je » n’aime pas. Constamment.

Constamment « je » filtre la réalité qui surgit à chaque instant et ainsi « je» reste incapable d’être véritablement. Aveuglés par l’identification à cette croyance en un « je » ou en un « moi » central il devient impossible de vivre sans tout cet enchainement d’attachements, de répulsions, de croyances qui nous maintiennent dans un état de dépendances et de souffrances.

Tout l’enseignement du Bouddha dénonce ce fonctionnement et propose une solution

La méditation zen devrait être l’occasion d’une prise de conscience, de prendre conscience de cette construction, de cet enchainement, de cette habitude qui est comme une maladie et qui débouche inexorablement sur la souffrance. Soit sa propre souffrance d’être toujours pris dans cette boucle d’avidité/répulsion et donc d’insatisfaction, mais aussi, dans toutes nos pensées, nos choix, nos actions, de créer les conditions de la souffrance pour toutes les autres existences, quelles qu’elles soient. Les autres êtres humains que nous rencontrons, les plantes, les animaux, l’environnement, …

Il suffirait, pour s’en libérer et libérer toutes les autres existences, de voir clairement cette illusion, cet attachement, le fonctionnement de cette identification. La vie exprime constamment la réalité de notre existence, mais aveuglés, nous restons séparés, enfermés dans nos croyances et nos émotions égoïstes.

Par manque de réalisation, on se sépare de cette réalité, on s’oppose les uns avec les autres ou avec les circonstances de notre existence, on critique, on juge, on évalue, on rabaisse ou on surévalue. On devient incapable de discerner le vrai du faux, ce qui est correct et ce qui n’est pas correct, ce qui est favorable au bonheur véritable et ce qui nous est défavorable. On vit dans un brouillard en essayant de s’en sortir tant bien que mal et constamment insatisfaits on passe à coté du sens de notre existence.

Comment se sortir de cette illusion ? Comment être soigné de cette maladie ? C’est toute la proposition du Bouddhisme, de cette voie spirituelle et de la pratique de la méditation qui nous permet d’accéder à une autre manière d’être, à une conscience claire, élargie, libre et véritablement heureuse, à une autre qualité d’être et d’existence, à une véritable compassion.

La voie du zen, lorsqu’elle est pratiquée sérieusement, est une voie d’éveil, de libération et d’unité

Pour ceux qui choisissent de cheminer sur cette Voie, ce qui est proposé c’est d’être conscient de la manière dont chacun est ici et maintenant, à chaque instant.

Si elle n’est pas pratiquée sérieusement, l’attachement en l’égo s’en empare et la pratique de la voie devient une décoration, elle devient une cause d’insatisfaction supplémentaire, une cause de souffrance et d’ignorance.

C’est à chacun, par son sérieux et sa forte détermination, d’être clarifié par et dans sa pratique et ainsi prendre soin, non seulement de son existence, mais aussi de toutes les existences parce que la réalité c’est qu’aucune existence n’est séparée.

Aucune existence n’est séparée car aucune existence n’a de substance propre, la réalité c’est juste ce champ d’inter-existences, c’est ce qui est réalisé en zazen lorsque l’on s’abandonne véritablement et que la pratique nous dépouille de nous-même.

A chaque instant c’est juste cela.

La réalité de cette existence dans son apparition.

P-O Kyosei Reynaud
Dojo de Narbonne août 2018

Les pièges sur la Voie

Les pièges sur la Voie aux éditions Yuno Kusen

Retranscriptions de séminaires sur les pièges dans la pratique de la méditation Bouddhiste zen donnés par Roland Rech à Ghigo di Prati (Italie), Mulhouse (France), et Maredsous (Belgique), entre octobre 2010 et novembre 2011

C’est un petit ouvrage découpé en 5 parties qui expriment chacune un grand piège dans lequel on peut tomber. Continuer la lecture

Les pièges sur la Voie Couverture du livre Les pièges sur la Voie
Roland Yuno Rech
Enseignement Bouddhiste, spiritualité
Yuno Kusen
2012
15 x 21 cm
108

Les pièges sur la voie recense une quarantaine de pièges rencontrés sur la Voie. Roland Yuno Rech les expose et les élucide à la lumière de l'enseignement Bouddhiste et de sa pratique.

Il s'agit d'un condensé des difficultés et des pièges les plus fréquemment rencontrés sur la Voie.

Méditation zen Narbonne - voeux 2018

Vœux pour 2018

Méditation zen Narbonne - voeux 2018

Méditation zen Narbonne – voeux 2018

Méditation zen Narbonne vous souhaite ses meilleurs vœux pour 2018

Lorsque, sans penser,
seulement j’écoute
une goutte de pluie
au bord du toit,
c’est moi

Poème tiré du Sanshô Dôei de Maître Dogen (Traduction Jacques Brosse) Continuer la lecture

Zazen dans le sodo de Maredsous - sesshin 2008

Zazen yojinki de Maître Keizan

La plénitude de son existence instant après instant

Commentaire de Kyōsei Reynaud du premier passage du Zazen yojinki.


Maître Keizan Jōkin (瑩山紹瑾) (1264 – 1325) fut le successeur à la troisième génération de Maître Dogen :

Dogen Zenji > Koun Ejo > Tetsu Gikai > Keizan Jokin

Né dans la province d’Echizen (actuelle préfecture de Fukui), il est le second fondateur de l’école Sôtô Zen.

Les écrits de Maître Keizan n’ont pas été réunis, ni édités ou publiés de son vivant, nous connaissons de lui les textes suivants :

  • Le Dentôroku : Le Recueil de la transmission de la lumière
  • Le Sankon zazen setsu : Les trois sortes de pratiquants de zazen
  • Le Zazen yôjinki : Recommandations pour la pratique de l’assise zen
  • Le Tôkoku gyôji jijo : Procédures rituelles pour le monastère Tôkoku qui deviendra le Keizan shingi : Les rêgles monastique de Keizan
  • Le Tôkokuki : Les chroniques du monastère Tôkoku

Continuer la lecture

Zazen Yojinki Couverture du livre Zazen Yojinki
Roland Yuno Rech
Yuno Kusen
septembre 2010
21 x 15 x 2,3 cm
272 pages - Broché

 

Quatrième de couverture :

Dans le zazen yojinki, ses recommandations pour la pratique de méditation, Maître Keizan exprime comment la pratique de zazen est par elle-même une pratique d'Eveil qui nous harmonise avec la nature profonde de notre existence et nous libère ainsi de nos illusions, causes de nos souffrances. Il donne aussi en enseignement concret et précis sur la façon de pratiquer zazen en évitant de commettre des erreurs qui peuvent devenir des pièges sur la voie.

Puis, dans le Sanken Zazen Setsu, Maître Keizan décrit trois types de pratiquants de zazen, de celui qui pratique le zazen le plus élevé à celui qui pratique un zazen ordinaire. Mais comme l'esprit en zazen exprime naturellement la vraie nature de tous les bouddhas, toutes les voies mauvaises sont évitées. Même si des pensées illusoires apparaissent, elles ne le dérangent pas car l'esprit est comme un vaste miroir brillant

Ohara Koson (Shoson), Singe essayant d'attraper le reflet de la lune,1910

Aller à la racine, ne plus être aveuglé par le feuillage

Aller à la racine…

Qu’est-ce qui est véritablement important ?

Ohara Koson (Shoson), Singe essayant d'attraper le reflet de la lune,1910

Ohara Koson (Shoson), Singe essayant d’attraper le reflet de la lune,1910

(Quelles que soient les conditions de notre vie, il suffit d’être attentif et d’apprendre à rester concentré sur ce qui est véritablement important.)

Tout être humain se pose un jour la question du sens de son existence, sur l’origine et la finalité de sa vie. Chez certains cette question est là, en soi, chez d’autres elle surgit lors d’une confrontation avec la réalité de l’impermanence. À la perte d’un proche, à la souffrance de réaliser la fragilité de ce que nous pensions stable, établi, acquit.

Le caractère inéluctable de la mort nous fait sentir, même confusément, que tout ce que nous faisons dans la vie est relativement vain car voué à disparaître, lorsque l’on ressent cela, se pose la question du sens de notre vie, de la vie.

La voie Bouddhique, la pratique de la méditation zen permettent à chacun de pouvoir répondre à cette question universelle et de retrouver la racine de son existence, ce qui est véritablement important. Continuer la lecture

Maître Taisen Deshimaru

Anniversaire de la présence du zen Sôtô en Europe

L’héritage de Maître Deshimaru


Les célébrations de l’anniversaire des cinquante ans de la présence du zen Sôtô en Europe qui se sont tenues à la Gendronnière du 12 au 14 mai 2017 me donnent l’occasion de témoigner sur l’implantation du Bouddhisme zen et sur la transmission de Maître Deshimaru.


En méditation assise, en zazen on ne fait rien en particulier, on est complètement présent au corps et à la respiration. On laisse simplement l’esprit se déposer en ne suivant plus les pensées qui apparaissent constamment. En zazen, on ne recherche plus rien. C’est vraiment important, car zazen, la méditation assise n’est pas un moyen pour atteindre ou pour obtenir quelque chose qui nous manquerais.

Zazen ne crée rien.

Maître Taisen Deshimaru

Maître Taisen Deshimaru

C’est justement ce qu’a transmis Maître Deshimaru. C’est ce que l’on appelle Shikantaza « simplement s’asseoir ». C’est exactement comme Maître Dogen lorsqu’il dit qu’il n’a rien ramené de Chine et qu’il est revenu au Japon les mains vides. Shikantaza c’est la pratique du « être simplement assis », il n’y a rien d’autre que la réalité de cette assise. Il suffit de s’abandonner à cela à chaque instant. Continuer la lecture

Hōkyō zanmai 宝鏡三昧 – Le samadhi du miroir précieux

Hōkyō zanmai 宝鏡三昧 – Le samadhi du miroir précieux

Portrait de Dongshan-Liangjie - Tozan-Ryokai

Portrait de Dongshan-Liangjie – Tozan-Ryokai

Hōkyō zanmai 宝鏡三昧 (ch. San-mei-k’o) « Le samadhi du miroir précieux »
est un poème composé au IXe siècle par le maître Chan Tozan Ryokai (807-869), successeur de maître Ungan Donjo et maître de Sōzan Honshaku et de Ungo Doyo.

“Comme en vous contemplant dans un miroir précieux,
La forme et le reflet se regardent.
Vous n’êtes pas le reflet,
Mais le reflet est vous.”

L’Hōkyō zanmai traite de la conscience pure pendant la méditation zen assise, le zazen.
Le miroir précieux, incluant toute chose, forme et non-forme, reflète tous les phénomènes qui apparaissent et disparaissent librement, insaisissables.

L’Hōkyō zanmai, le samadhi du miroir précieux, est l’éveil de l’esprit à la nature de Bouddha de toutes les existences.

Récité régulièrement dans les temples zen, l’Hōkyō zanmai fait partie des principaux textes du bouddhisme zen soto au même titre que le Shinjinmei, le Shodoka et le Sandokai. Continuer la lecture

Fukanzazengi – Recommandations universelles pour pratiquer zazen

Fukanzazengi de Maître Dogen

Le Fukanzazengi est un texte central de l’école zen sōtō écrit par Maître Eihei Dōgen dès son retour de Chine, en 1227, à travers lequel il donne ses recommandations universelles pour la pratique de la méditation assise, le zazen.

Odilon Redon Bouddha jeune

Odilon Redon Bouddha jeune (détail)

Continuer la lecture

Sandōkai – L’harmonie entre différence et identité

Présentation rapide : Le Sandōkai (參同契) est un poème écrit au VIIIe siècle par le maître zen chinois Shitou Xiqian (Sekito Kisen en Japonais). Ce texte fondamental du Zen Sōtō est chanté quotidiennement dans les temples zen du monde entier.

Traduction française :

L’harmonie entre différence et identité

Le chant des sūtra

Le chant des sūtra pendant une sesshin (retraite)

L’esprit du Grand Sage de l’Inde s’est transmis intimement d’ouest en est.
Il y a des différences entre les capacités des hommes qui sont plus ou moins aiguisées, mais dans la voie il n’y a ni patriarche du nord, ni patriarche du sud.
La source spirituelle brille clairement dans la lumière ; les effluents s’écoulent dans l’obscurité.
L’attachement aux phénomènes est cause d’illusion mais l’union avec l’identité n’est pas encore l’éveil.
Tous les objets des sens sont en interaction et pourtant ne le sont pas.
L’interaction augmente la solidarité, sans quoi chacun reste sur sa position.
Les objets visuels varient en qualité comme en forme.
Les sons sont tantôt agréables, tantôt désagréables. Continuer la lecture

Shakyamuni Bouddha

Le Bouddha Shakyamuni, une quête de sagesse compatissante

une enfance princière

Shakyamuni Bouddha

Shakyamuni Bouddha

Le Bouddha naquit dans la famille royale du clan des Shakya, il y a environ 2600 ans, à Lumbini (ville située aujourd’hui au Népal), au pied de l’Himalaya.

Son nom de famille était Gautama, son prénom Siddhârta.
Éduqué en tant que prince, il connut une vie d’abondance et de plaisirs durant laquelle il se maria et eut un fils.

Cependant il fût profondément troublé par des questions existentielles en prenant conscience de la maladie, de la vieillesse et de la mort.

Décidé à résoudre la question de la souffrance il quitta sa demeure à l’âge de vingt-neuf ans pour se faire renonçant. Continuer la lecture