Archives de catégorie : Enseignements

Approfondissement du Bouddhisme et du Bouddhisme zen.

Zazen yojinki de Maître Keizan

La plénitude de son existence instant après instant

Commentaire de Kyōsei Reynaud du premier passage du Zazen yojinki.


Maître Keizan Jōkin (瑩山紹瑾) (1264 – 1325) fut le successeur à la troisième génération de Maître Dogen :

Dogen Zenji > Koun Ejo > Tetsu Gikai > Keizan Jokin

Né dans la province d’Echizen (actuelle préfecture de Fukui), il est le second fondateur de l’école Sôtô Zen.

Les écrits de Maître Keizan n’ont pas été réunis, ni édités ou publiés de son vivant, nous connaissons de lui les textes suivants :

  • Le Dentôroku : Le Recueil de la transmission de la lumière
  • Le Sankon zazen setsu : Les trois sortes de pratiquants de zazen
  • Le Zazen yôjinki : Recommandations pour la pratique de l’assise zen
  • Le Tôkoku gyôji jijo : Procédures rituelles pour le monastère Tôkoku qui deviendra le Keizan shingi : Les rêgles monastique de Keizan
  • Le Tôkokuki : Les chroniques du monastère Tôkoku

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Zazen Yojinki Couverture du livre Zazen Yojinki
Roland Yuno Rech
Yuno Kusen
septembre 2010
21 x 15 x 2,3 cm
272 pages - Broché

 

Quatrième de couverture :

Dans le zazen yojinki, ses recommandations pour la pratique de méditation, Maître Keizan exprime comment la pratique de zazen est par elle-même une pratique d'Eveil qui nous harmonise avec la nature profonde de notre existence et nous libère ainsi de nos illusions, causes de nos souffrances. Il donne aussi en enseignement concret et précis sur la façon de pratiquer zazen en évitant de commettre des erreurs qui peuvent devenir des pièges sur la voie.

Puis, dans le Sanken Zazen Setsu, Maître Keizan décrit trois types de pratiquants de zazen, de celui qui pratique le zazen le plus élevé à celui qui pratique un zazen ordinaire. Mais comme l'esprit en zazen exprime naturellement la vraie nature de tous les bouddhas, toutes les voies mauvaises sont évitées. Même si des pensées illusoires apparaissent, elles ne le dérangent pas car l'esprit est comme un vaste miroir brillant

Aller à la racine, ne plus être aveuglé par le feuillage

Qu’est-ce qui est véritablement important ?

Ohara Koson (Shoson), Singe essayant d'attraper le reflet de la lune,1910

Ohara Koson (Shoson), Singe essayant d’attraper le reflet de la lune,1910

(Quelles que soient les conditions de notre vie, il suffit d’être attentif et d’apprendre à rester concentré sur ce qui est véritablement important.)

Tout être humain se pose un jour la question du sens de son existence, sur l’origine et la finalité de sa vie. Chez certains cette question est là, en soi, chez d’autres elle surgit lors d’une confrontation avec la réalité de l’impermanence. À la perte d’un proche, à la souffrance de réaliser la fragilité de ce que nous pensions stable, établi, acquit.

Le caractère inéluctable de la mort nous fait sentir, même confusément, que tout ce que nous faisons dans la vie est relativement vain car voué à disparaître, lorsque l’on ressent cela, se pose la question du sens de notre vie, de la vie.

La voie et la pratique de la méditation zen permettent à chacun de pouvoir répondre à cette question universelle. Continuer la lecture

Anniversaire de la présence du zen Sôtô en Europe

L’héritage de Maître Deshimaru


Les célébrations de l’anniversaire des cinquante ans de la présence du zen Sôtô en Europe qui se sont tenues à la Gendronnière du 12 au 14 mai 2017 me donnent l’occasion de témoigner sur l’implantation du Bouddhisme zen et sur la transmission de Maître Deshimaru.


En méditation assise, en zazen on ne fait rien en particulier, on est complètement présent au corps et à la respiration. On laisse simplement l’esprit se déposer en ne suivant plus les pensées qui apparaissent constamment. En zazen, on ne recherche plus rien. C’est vraiment important, car zazen, la méditation assise n’est pas un moyen pour atteindre ou pour obtenir quelque chose qui nous manquerais.

Zazen ne crée rien.

Maître Taisen Deshimaru

Maître Taisen Deshimaru

C’est justement ce qu’a transmis Maître Deshimaru. C’est ce que l’on appelle Shikantaza « simplement s’asseoir ». C’est exactement comme Maître Dogen lorsqu’il dit qu’il n’a rien ramené de Chine et qu’il est revenu au Japon les mains vides. Shikantaza c’est la pratique du « être simplement assis », il n’y a rien d’autre que la réalité de cette assise. Il suffit de s’abandonner à cela à chaque instant. Continuer la lecture

Hokyo zanmai – Le samadhi du miroir précieux

Hokyo zanmai – Le samadhi du miroir précieux

Portrait de Dongshan-Liangjie - Tozan-Ryokai

Portrait de Dongshan-Liangjie – Tozan-Ryokai

Hokyo zanmai (ch. San-mei-k’o) « Le samadhi du miroir précieux »
est un poème composé au IXe siècle par le maître Chan Tozan Ryokai (807-869), successeur de maître Ungan Donjo et maître de Sōzan Honshaku et de Ungo Doyo.

« Comme en vous contemplant dans un miroir précieux,
La forme et le reflet se regardent.
Vous n’êtes pas le reflet,
Mais le reflet est vous. »

L’Hokyo zanmai traite de la conscience pure pendant la méditation zen assise, le zazen.
Le miroir précieux, incluant toute chose, forme et non-forme, reflète tous les phénomènes qui apparaissent et disparaissent librement, insaisissables.

L’Hokyo zanmai, le samadhi du miroir précieux, est l’éveil de l’esprit à la nature de Bouddha de toutes les existences.

Récité régulièrement dans les temples zen, l’Hokyo zanmai fait partie des principaux textes du bouddhisme zen soto au même titre que le Shinjinmei, le Shodoka et le Sandokai. Continuer la lecture

Fukanzazengi – Recommandations universelles pour pratiquer zazen

Fukanzazengi de Maître Dogen

Le Fukanzazengi est un texte central de l’école zen sōtō écrit par Maître Eihei Dōgen dès son retour de Chine, en 1227, à travers lequel il donne ses recommandations universelles pour la pratique de la méditation assise, le zazen.

Odilon Redon Bouddha jeune

Odilon Redon Bouddha jeune (détail)

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Sandōkai – L’harmonie entre différence et identité

Présentation rapide : Le Sandokai (參同契) est un poème écrit au VIIIe siècle par le maître zen chinois Shitou Xiqian (Sekito Kisen en Japonais). Ce texte fondamental du zen Sōtō est chanté quotidiennement dans les temples zen du monde entier.

Traduction française :

L’harmonie entre différence et identité

Le chant des sūtra

Le chant des sūtra pendant une sesshin (retraite)

L’esprit du Grand Sage de l’Inde s’est transmis intimement d’ouest en est.
Il y a des différences entre les capacités des hommes qui sont plus ou moins aiguisées, mais dans la voie il n’y a ni patriarche du nord, ni patriarche du sud.
La source spirituelle brille clairement dans la lumière ; les effluents s’écoulent dans l’obscurité.
L’attachement aux phénomènes est cause d’illusion mais l’union avec l’identité n’est pas encore l’éveil.
Tous les objets des sens sont en interaction et pourtant ne le sont pas.
L’interaction augmente la solidarité, sans quoi chacun reste sur sa position.
Les objets visuels varient en qualité comme en forme.
Les sons sont tantôt agréables, tantôt désagréables. Continuer la lecture

Shakyamuni Bouddha

Le Bouddha Shakyamuni, une quête de sagesse compatissante

une enfance princière

Shakyamuni Bouddha

Shakyamuni Bouddha

Le Bouddha naquit dans la famille royale du clan des Shakya, il y a environ 2600 ans, à Lumbini (ville située aujourd’hui au Népal), au pied de l’Himalaya.

Son nom de famille était Gautama, son prénom Siddhârta.
Éduqué en tant que prince, il connut une vie d’abondance et de plaisirs durant laquelle il se maria et eut un fils.

Cependant il fût profondément troublé par des questions existentielles en prenant conscience de la maladie, de la vieillesse et de la mort.

Décidé à résoudre la question de la souffrance il quitta sa demeure à l’âge de vingt-neuf ans pour se faire renonçant. Continuer la lecture

Dōgen Zenji (1200-1253)

Dōgen Zenji, fondateur de l’école zen soto

Dōgen Zenji

Dōgen Zenji

Eihei Dōgen, Dōgen Kigen ou Dōgen Zenji (1200-1253) est le fondateur de l’école Zen Soto au Japon. Il est considéré comme un des plus grands maîtres du zen soto une des école du bouddhisme japonais.

Son enfance

L’identité des parents du jeune Dōgen reste incertaine, il semblerait que ses parents soient décédés alors que Dōgen était encore enfant. Très tôt il fit preuve d’une vivacité intellectuelle car il est dit qu’il pouvait lire le japonais et le chinois classique dès l’age de quatre ans.

Après avoir été recueilli par un de ses oncles, à l’age de 13 ans, il s’en alla au mont Hiei dans le monastère central de l’école Tendai, qui était alors la tradition bouddhiste dominante au Japon. L’année suivante , il se rasa la tête et fut ordonné moine par Maître Kōen. Continuer la lecture

Keizan Zenji (1268-1325)

Keizan Zenji, deuxième fondateur du zen soto au Japon

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Keizan Zenji, Keizan Jōkin ou Taiso Jōsai Daishi est considéré comme le deuxième fondateur du Bouddhisme zen soto, il est le quatrième patriarche japonais après Gikai Zenji qui succédait à Ejo Zenji, lui-même successeur de Dôgen Zenji.

En 1264 Keizan naquit dans la province d’Echizen, actuellement préfecture de Fukui.

À l’age de huit ans il se rasa la tête et entra au temple Eiheiji où il pratiqua sous l’autorité du troisième abbé Gikai Zenji. À 13 ans, il fut officiellement ordonné moine par Ejo Zenji, successeur de Dōgen Zenji. Continuer la lecture

Les trois qualités d’un responsable selon Dōgen Zenji

Les enseignements du zen et l’étude de la vie des maîtres sont une grande aide pour ceux qui prennent le temps de s’y pencher. Par leur lecture, c’est l’occasion de questionner notre pratique pour les intégrer réellement dans notre vie quotidienne.

Extrait du Tenzo Kyōkun de Maître Dōgen :

sur les trois qualités requises par un responsable

Dogen-Zenji, les trois qualités d'un responsable

Dogen-Zenji

« … La fonction du chef ou du responsable, quel que soit le domaine de l’activité, y compris celle de cuisinier requiert trois qualités : la joie de vivre, la bienveillance et la grandeur d’esprit.

La joie de vivre signifie que vous êtes heureux d’accomplir votre tâche. Songer que si vous étiez né dans le Royaume des Dieux, vous seriez accaparé par tant de divertissements et de plaisirs que vous n’auriez ni le temps ni l’occasion de susciter en vous l’esprit d’éveil et encore moins de pratiquer. Vous n’auriez même pas l’opportunité de préparer la nourriture que vous offrez aux Trois Trésors, alors qu’ils sont le bien le plus précieux de l’univers ! Les Trois Trésors sont insurpassables en excellence, ni le roi des dieux ni le souverain du monde ne leur sont comparables. Le règlement des monastères dit au sujet des moines : « Respectés et honorés, ils vivent paisiblement à l’écart des affaires du monde ; n’étant pas souillés par la création d’objets de pensée, ils sont l’excellence de l’humanité. » Continuer la lecture